Anthony Bourbon et sa fortune : ce que révèlent vraiment les chiffres

Entrepreneur en costume assis dans un bureau moderne, lumière naturelle, portrait business

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Points clés à retenir

  • Les estimations de fortune varient de 40 à 150 millions d’euros selon la source
  • O.K.R. (ex-Feed) cumule 20 millions d’euros de pertes en 8 ans
  • Condamnation pour contrefaçon en 2026 : 179 416 euros de dommages provisionnels
  • Blast.Club diversifie sa fortune via plus de 50 participations startups
  • Le chiffre d’affaires d’O.K.R. stagne à 5 millions d’euros par an depuis 2022

Qui est Anthony Bourbon

La fortune d’Anthony Bourbon fait débat depuis des mois, et son parcours personnel explique en partie pourquoi les chiffres divergent autant. Né à Bordeaux en 1988, il grandit dans un contexte familial compliqué qui le pousse à l’autonomie très tôt.

Après une rupture avec sa famille, il enchaîne les petits boulots tout en poursuivant des études de droit privé à Bordeaux, puis un master à Paris 10. Ce grand écart entre précarité et ambition universitaire forge une bonne partie de son discours actuel sur l’argent.

Le prêt de 10 000 euros qui change tout

À 17 ans, Bourbon connaît une période de rue avant de rebondir grâce à un prêt de 10 000 euros accordé par une amie. Cette somme finance son premier projet entrepreneurial et amorce une trajectoire qu’il raconte volontiers en conférence, sans jamais la réduire à un simple conte de fées.

Le parcours entrepreneurial derrière la fortune

Le vrai virage arrive en 2016 avec la fondation de Feed, marque de compléments alimentaires liquides lancée commercialement en 2017. En pratique, voilà ce que j’ai constaté chez la plupart des fondateurs qui percent vite : ils lèvent tôt, lèvent souvent, et acceptent une dilution forte pour accélérer.

Feed suit exactement ce schéma. La startup enchaîne les tours de table : 500 000 euros au démarrage, puis 3 millions, 15 millions, jusqu’à dépasser 35 millions d’euros levés au total depuis sa création.

De Feed à O.K.R : un rebranding qui interroge

En 2025, Feed devient O.K.R. Le changement de nom intervient dans un contexte de croissance stagnante, et Bourbon le justifie par une volonté de repositionnement produit. Quand j’étais en train de scaler ma propre boîte, un rebranding de ce type signalait presque toujours une difficulté à relancer la traction commerciale plutôt qu’un simple choix marketing.

Quelle est la fortune réelle d’Anthony Bourbon

C’est là que les choses se compliquent. Le magazine Capital et Business Cool avancent une estimation autour de 100 millions d’euros, un chiffre repris comme référence dans la majorité des articles récents.

Bourbon lui-même revendique un patrimoine supérieur, au-delà de 150 millions d’euros, en 2026. On va pas se mentir : une déclaration personnelle de ce genre mérite d’être prise avec des pincettes, surtout venant d’un entrepreneur dont l’image publique repose largement sur la démonstration de réussite.

D’autres observateurs, plus prudents, situent sa fortune entre 40 et 80 millions d’euros. L’écart s’explique par la méthode de calcul : les uns valorisent ses parts dans O.K.R. et Blast au prix des dernières levées, les autres appliquent une décote liée aux pertes cumulées et à la difficulté de revendre des participations non cotées.

Pour visualiser l’ampleur de ce patrimoine tel qu’il est présenté publiquement, cette vidéo de la chaîne LEGEND revient en détail sur son parcours et ses chiffres.

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D’où vient l’argent d’Anthony Bourbon

La première source, c’est la valorisation de ses parts dans Feed devenu O.K.R. Une entreprise qui lève 35 millions d’euros affiche mécaniquement une valorisation élevée, même si son chiffre d’affaires ne suit pas au même rythme.

Bourbon a aussi cédé une partie de ses actions personnelles, pour un montant estimé à 20 millions d’euros selon des données de 2024. Ce type de cession partielle, courant chez les fondateurs de scale-up, permet de sécuriser du cash sans attendre une sortie totale du capital.

Blast.Club, le complément décisif

Le troisième pilier, ce sont ses participations dans plus de 50 startups via Blast.Club, son club d’investissement. Le vrai sujet, c’est pas la technique, c’est la diversification : contrairement à un fondateur mono-actif, Bourbon a réparti son risque sur des dizaines de paris.

Blast.Club, le moteur de son patrimoine

Blast.Club fonctionne comme un club d’investissement accessible dès 500 à 1 000 euros de ticket d’entrée. Le modèle permet à des particuliers de co-investir aux côtés de Bourbon dans des startups qu’il a préalablement sélectionnées.

Le portefeuille compte des noms connus du grand public, comme Respire, Bling ou My Jolie Candle. Ce type de participation génère des revenus via les frais de gestion prélevés sur les tickets des investisseurs, et via les plus-values réalisées en cas de revente ou d’entrée en Bourse d’une des sociétés du portefeuille.

Ce que personne ne dit (et qui change tout) : Blast.Club a aussi été critiqué par des concurrents du secteur de l’investissement participatif, certains évoquant des pratiques commerciales agressives et des promesses de rendement jugées trop optimistes.

Cette diversification explique pourquoi sa fortune personnelle ne dépend pas uniquement du sort d’O.K.R. C’est aussi ce qui rend son patrimoine si difficile à chiffrer précisément de l’extérieur.

Les zones d’ombre de la réussite affichée

Éluder la condamnation reviendrait à raconter une histoire incomplète. Le 18 février 2026, le tribunal judiciaire de Paris a condamné Bourbon pour contrefaçon de marque, avec des dommages et intérêts provisionnels fixés à 179 416 euros.

Le jugement impose un délai de 90 jours pour détruire les stocks Feed jugés contrefaits, sous astreinte de 200 euros par jour au-delà. J’ai testé, j’ai raté, voilà ce qui fonctionne vraiment : une condamnation de ce type pèse moins sur la trésorerie immédiate que sur la crédibilité de la marque auprès des investisseurs et des partenaires commerciaux.

Des pertes qui interrogent la solidité du patrimoine

O.K.R. cumule 20 millions d’euros de pertes nettes sur huit ans d’existence, un chiffre révélé en 2026. Le chiffre d’affaires, lui, stagne autour de 5 millions d’euros par an depuis 2022, malgré un cumul de plus de 30 millions d’euros généré depuis 2017.

Cette stagnation relativise fortement les estimations hautes de sa fortune. Une entreprise qui perd de l’argent chaque année depuis huit ans ne peut pas justifier une valorisation aussi optimiste que celle avancée par son fondateur.

Son train de vie et son rapport à l’argent

Bourbon revendique un mode de vie sobre : appartement simple, épargne liquide limitée, argent réinjecté dans ses projets plutôt que dans un patrimoine ostentatoire. Le bon sens entrepreneurial, c’est souvent aller à contre-courant, et ce discours détonne face à l’image de milliardaire qu’il cultive par ailleurs sur les réseaux.

Il affiche un objectif clair : devenir milliardaire à 40 ans. Vu l’écart entre les pertes d’O.K.R. et cette ambition affichée, la trajectoire reste incertaine.

Sa visibilité médiatique s’appuie aussi sur son rôle de juré dans Qui veut être mon associé sur M6, une exposition qui entretient l’image d’investisseur à succès indépendamment des résultats réels de ses propres sociétés. La fortune d’Anthony Bourbon se situe probablement quelque part entre les 40 millions des plus prudents et les 100 millions cités par Capital, loin des 150 millions qu’il revendique lui-même.

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