Temps de lecture estimé : 8 minutes
Points clés à retenir
- about :blank est une commande native du navigateur, pas un site web
- Le mythe du virus date des années 2000, la page actuelle est inoffensive
- Vérifiez d’abord la page de démarrage et les extensions avant de scanner
- Chaque navigateur (Chrome, Firefox, Edge, Safari) a sa propre procédure de correction
- En cas de doute persistant, scanner avec AdwCleaner ou Malwarebytes
Qu’est-ce que about :blank exactement
about :blank n’est pas une adresse web comme les autres : c’est une commande interne, une instruction que le navigateur exécute lui-même sans aller chercher quoi que ce soit sur internet. Quand vous tapez une URL classique comme lemonde.fr, le navigateur envoie une requête à un serveur distant, télécharge du code HTML, des scripts et des images. Avec about :blank, rien de tout ça ne se produit.
La différence est fondamentale. Une page hébergée dépend d’un serveur, d’une connexion réseau, d’un DNS qui répond. about :blank s’affiche même sans connexion internet, parce qu’elle ne charge ni script, ni feuille de style, ni contenu externe. C’est une page vide au sens strict : un document HTML minimal généré localement par le navigateur.
Dans mon expérience, c’est justement cette absence de chargement qui sème la confusion. Un utilisateur voit une page blanche apparaître soudainement et suppose qu’un site a échoué à charger, alors qu’il s’agit d’un mécanisme totalement normal du navigateur. On va pas se mentir : le nom lui-même n’aide pas, il sonne technique et un peu inquiétant pour qui ne le connaît pas.

Pourquoi cette page apparaît sur votre navigateur
La cause la plus fréquente, et de loin, c’est un réglage de page d’accueil ou de nouvel onglet configuré sur about :blank. Beaucoup d’utilisateurs l’ont choisi volontairement pour un démarrage plus rapide, d’autres l’ont hérité d’une réinstallation ou d’un profil synchronisé sans s’en rendre compte.
Deuxième cause courante : un échec de chargement. Cache corrompu, cookies invalides, résolution DNS qui échoue — le navigateur affiche alors une page vide plutôt qu’une erreur brutale. J’ai testé, j’ai raté, voilà ce qui fonctionne vraiment : vider le cache résout la moitié de ces cas en moins de deux minutes.
Autre scénario fréquent : une pop-up bloquée. Le navigateur ouvre un nouvel onglet vide parce qu’il a intercepté un pop-up jugé indésirable, sans le remplir avec le contenu prévu. C’est un comportement de protection, pas un bug.
Enfin, un réglage peut se synchroniser entre plusieurs appareils via votre compte Google, Microsoft ou Apple. Si vous avez configuré about :blank sur votre ordinateur du bureau, il peut réapparaître sur votre portable personnel sans action explicite de votre part.
about :blank est-il un virus ou un danger
Le vrai sujet, c’est pas la technique, c’est l’historique qui colle encore à cette page. Début des années 2000, un cheval de Troie détournait effectivement les réglages du navigateur pour rediriger vers about :blank après avoir injecté des DLL malveillantes. C’est de là que vient la réputation sulfureuse du terme, largement relayée sur les forums de l’époque.
Vingt ans plus tard, la réalité a changé du tout au tout. La page en elle-même est une fonction native inoffensive de tous les navigateurs modernes. Elle ne contient aucun code exécutable et ne peut, par construction, héberger de malware.
Ce que personne ne dit (et qui change tout) : ce ne sont jamais about :blank lui-même qui pose problème, mais ce qui a pu s’installer autour — une extension, un logiciel tiers, un paramètre modifié à votre insu.
Ce que peuvent faire de vraies extensions détournées aujourd’hui, en revanche, reste préoccupant. Un rapport Socket publié en avril 2026 a identifié 108 extensions Chrome malveillantes ciblant spécifiquement les comptes Gmail et YouTube. Ces extensions manipulent parfois les pages de démarrage et les redirections, sans que la victime comprenne d’où vient le comportement.
Les signes d’alerte à surveiller sont précis : des redirections en cascade qui vous font transiter par plusieurs pages avant d’atterrir sur about :blank, un changement d’URL de démarrage que vous n’avez pas configuré vous-même, ou une page blanche qui apparaît en plein milieu d’une navigation normale plutôt qu’au lancement du navigateur.
Comment supprimer about :blank sur chaque navigateur
Avec 60,89 % de part de marché en France en juillet 2026, Chrome concentre l’essentiel des recherches sur ce sujet. Sur Google Chrome : ouvrez les trois points en haut à droite, allez dans Paramètres, puis « Au démarrage ». Sélectionnez « Ouvrir une page ou un ensemble de pages spécifique » et remplacez about :blank par votre page préférée, ou choisissez « Ouvrir la page Nouvel onglet ».
Sur Mozilla Firefox, qui garde 6,41 % de part de marché en France. Trois fois plus qu’au niveau mondial — la procédure passe par Paramètres puis « Accueil ». Le menu déroulant « Page d’accueil et fenêtres nouvelles » propose directement « Page d’accueil Firefox » comme alternative à une URL personnalisée.
Sur Microsoft Edge, présent sur 6,89 % des navigateurs français, rendez-vous dans Paramètres, « Démarrage, page d’accueil et nouveaux onglets ». Deux réglages distincts existent ici : l’un pour le démarrage du navigateur, l’autre pour chaque nouvel onglet — ne traitez pas les deux comme un seul paramètre, c’est l’erreur la plus fréquente que je vois.
Sur Safari, qui pèse 18,02 % du marché français grâce à l’iPhone, ouvrez Préférences puis l’onglet Général. Le champ « Page d’accueil » accepte n’importe quelle URL ; laissez-le vide pour revenir à la page de démarrage par défaut de Safari plutôt qu’à about :blank.
Diagnostiquer un problème lié à about :blank
Quand j’étais en train de scaler la boîte, on appliquait une règle simple avant toute manipulation technique : isoler la variable avant de corriger. Ici, ça veut dire tester en navigation privée. Les extensions sont désactivées par défaut dans ce mode — si le problème disparaît, la cause vient d’une extension et pas d’un réglage système.
Si la navigation privée confirme le soupçon, désactivez les extensions une par une plutôt que toutes en même temps. Cette méthode prend cinq minutes de plus mais elle identifie le coupable exact au lieu de vous laisser deviner. Réactivez-les progressivement en testant après chaque ajout.
Repérez ensuite le site ou l’action déclenchant la page blanche : est-ce systématique au lancement, ou seulement après avoir cliqué sur un lien précis, un bouton de téléchargement, une publicité ? Cette information oriente directement la correction à apporter.
Utiliser about :blank volontairement comme page d’accueil
Ce que personne ne dit (et qui change tout) : about :blank est un choix parfaitement légitime pour qui privilégie la vitesse. Le démarrage est quasi instantané puisqu’aucune donnée n’est chargée, ni image, ni script de tracking, ni widget météo.
La configuration reste identique aux procédures détaillées plus haut, à un détail près : au lieu de choisir une page prédéfinie, vous saisissez manuellement about :blank dans le champ URL personnalisée. C’est disponible sur les quatre navigateurs principaux, avec une formulation de menu qui varie légèrement.
Les limites existent cependant. Pas de raccourcis vers vos sites favoris, pas de barre de recherche visible, pas de fil d’actualité. Pour ma part, je conseille cette option aux utilisateurs qui tapent directement leurs adresses ou utilisent un moteur de recherche par défaut dans la barre d’URL — pas à ceux qui naviguent principalement via une page d’accueil personnalisée.
Que faire si le problème persiste
Si about :blank continue d’apparaître après avoir corrigé les réglages évidents, scannez votre machine avec un outil dédié. AdwCleaner et Malwarebytes détectent spécifiquement les logiciels indésirables qui modifient les paramètres de navigateur, une catégorie distincte des virus classiques.
Le contexte justifie la prudence : selon un rapport Cybernews relayé par ZDNet, 350 millions de personnes ont téléchargé des navigateurs non sécurisés en deux ans. Field Effect a de son côté recensé 33 extensions Chrome malveillantes installées par plus de 2,6 millions d’utilisateurs, et un autre rapport cité par ZDNet évoque 245 extensions désactivant silencieusement des fonctions de sécurité sur près d’un million d’appareils. Ce n’est pas nouveau : dès 2020, un rapport de sécurité avait déjà identifié 287 extensions espionnes exposant 37,4 millions d’utilisateurs.
Vérifiez les programmes récemment installés via le panneau de configuration ou les applications système. Un logiciel gratuit téléchargé récemment embarque parfois une extension de navigateur en supplément, installée sans demande de consentement claire.
En dernier recours, réinitialisez le navigateur depuis ses paramètres. Cette opération restaure la page de démarrage, désactive les extensions non essentielles et efface les modifications DNS suspectes, sans toucher à vos mots de passe enregistrés ni à vos favoris.
Un rappel utile pour relativiser : Google Safe Browsing protège 5 milliards d’appareils chaque jour, et une redirection vers about :blank fait parfois partie de ce filet de sécurité plutôt que d’une attaque. Le bon sens entrepreneurial, c’est souvent aller à contre-courant de la panique ambiante — ici, ça veut dire diagnostiquer avant de désinstaller son navigateur en urgence.
Questions fréquentes
About :blank sur Android ou tablette : comment le supprimer ?
Sur Chrome mobile, ouvrez les trois points, Paramètres, puis « Page d’accueil » : désactivez l’option ou remplacez l’URL saisie. Sur les navigateurs préinstallés par certains fabricants Android, le réglage se trouve parfois dans les paramètres du navigateur natif plutôt que dans une application Chrome distincte. Vérifiez le nom exact de l’application utilisée avant de chercher le menu.
Pourquoi about :blank (ou « about :blank#blocked ») bloque-t-il un paiement ou un formulaire en ligne ?
Ce suffixe précis indique que le navigateur a intercepté une fenêtre pop-up jugée non sollicitée, souvent celle censée afficher le formulaire de paiement ou de validation. La solution consiste à autoriser explicitement les pop-ups pour ce site précis dans les paramètres de confidentialité, plutôt que de désactiver le blocage pour l’ensemble de votre navigation.



